Hommage à Pauline

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Pauline PicquetRencontre autour du livre « Sans illustration » de Pauline Picquet

En compagnie de Laurence Santantonios, éditrice et de Philippe Lejeune, auteur, spécialiste de l'autobiographie - Mercredi 5 juin 2013

Pauline Picquet meurt en 2008 sans avoir tout à fait achevé l'écriture de son livre dont elle avait déjà choisi le titre : « Sans illustration ». Née en 1933 dans l'Ain, d'une famille paysanne, elle était, en 1966, institutrice en Algérie, lorsqu'elle fut victime d'un accident de voiture en tant que passagère.

Cette jeune femme de 33 ans, brûlée et défigurée, découvre la double peine qui lui est infligée : la mutilation physique, irrémédiable, mais aussi l'assignation par les autres à la monstruosité et au renoncement à vivre « normalement ». Animée d'une détermination implacable, elle parvient à reconstruire sa vie, entre à l'université, développe des talents de conteuse et d'écrivaine. Tout cela au prix d'un long calvaire et d'une lutte de tous les instants pour affronter le regard de l'autre, souvent scandalisé qu'une femme aussi handicapée sorte de la voie que le destin lui a tracée. C'est ce parcours étonnant, cette résilience que Pauline Picquet raconte dans son livre, choisissant de composer des fragments et de les présenter sous la forme d'un abécédaire dans lequel le lecteur est happé comme dans un roman.

Ce récit, cru et violent, a été refusé par plusieurs éditeurs qui l'ont jugé trop dur, dérangeant, voire culpabilisant. Les éditions du Mauconduit ont fait le pari du contraire, le pari que la force et la dignité de ce témoignage l'emportent sur l'horreur. Il questionne tout un chacun sur sa propre force de vie et sur sa relation à l'humain. « Elephant Man » du XXIe siècle, « Sans illustration » est un texte d'une grande force, un exemple de résilience qui ne peut laisser indifférent et pourrait bien provoquer un véritable débat sur le rapport au normal et au handicap.

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